France Télécom et l'Ecole Normale Supérieure viennent de signer un accord-cadre qui définit leurs modalités de coopération pour développer de nouveaux contrats de recherche.
C’est la division R&D de France Télécom , dont les 3 500 chercheurs sont à l’origine de la conception et du développement d’environ 70% des produits et services commerciaux de l'opérateur, qui a signé un accord cadre pour la collaboration en recherche appliquée avec l'Ecole Normale Supérieure. Cette dernière, forte de ses deux cent dix ans d’âge, est un institut de recherche avancée privilégiant les champs scientifiques émergents qui est intimement articulé à un collège "graduate", avec un intérêt particulier pour le renouvellement par la recherche du système de formation.
Deux domaines de recherche seront plus particulièrement concernés par ces travaux communs :
- l'informatique : partage de ressources pour un projet de recherche collaborative dédié à la "théorie des réseaux et communications". Discipline conceptuelle, et donc proche des mathématiques, l’informatique se caractérise par son étroit couplage avec les progrès techniques. L’École Normale Supérieure et les chercheurs de France Télécom concentreront leurs travaux sur l’évaluation de performances et l’analyse quantitative des réseaux de communication (coûts, tarification et optimisation économique des architectures de réseaux). Les principaux outils mathématiques utilisés dans ce cadre sont la théorie des systèmes à événements discrets et la théorie des processus aléatoires. L’axe applicatif le plus développé portera sur la modélisation et l’optimisation des protocoles.
- la cryptographie appliquée au vote électronique. Les travaux en cryptologie concernent la conception et l’analyse des moyens permettant d’assurer l’intégrité, l’authenticité et la confidentialité des données et des communications. Ils ont pour objet la conception et l’évaluation d’algorithmes cryptographiques performants. Ces recherches ont pour application la sécurisation des paiements par carte à mémoire, les infrastructures de gestion de clefs ou le vote électronique. Plusieurs sujets de thèses seront associés aux projets de recherche retenus dans ces domaines.
Lors de la signature de l'accord-cadre, Pascal Viginier, , directeur exécutif de France Télécom en charge de la division R&D, s'est félicité de cet accord avec l'ENS "qui est depuis bien longtemps un partenaire de recherche stratégique des équipes R&D de France Télécom. Cet accord s'inscrit plus globalement dans la politique de coopération de France Télécom avec les universités et organismes de recherche publics (INRIA, GET, CNRS, Sup elec, l'ENSI-Caen, universités de Standford, Berkeley, MIT, Tsing Hua…). Travailler main dans la main avec les meilleurs laboratoires français et internationaux renforce notre capacité d'innovation et nous permet d'anticiper les futures ruptures technologiques du marché".
Pour sa part, Gabriel Ruget, directeur général de l'ENS, a considéré cet accord comme "exemplaire d'une association entre une entreprise et un établissement d’enseignement supérieur devant contribuer à atteindre l’objectif français et européen de hisser les investissements de recherche à 3% du PIB en 2010".
Ce partenariat est l'aboutissement de collaborations nouées de longue date dans une vision stratégique partagée de la science et de la technologie : pour France Télécom,"l'innovation, une priorité au service des clients et un levier de croissance pour le Groupe" et pour l'ENS, "la science au service de l'action". Il favorisera l'innovation et la valorisation de la propriété intellectuelle qui en découle.