Hier, des débrayages massifs ont eu lieu chez le fournisseur d’accès à Internet Tiscali pour protester contre les rumeurs de cession de tout ou partie de l’activité française.
Selon une source intersyndicale qui a appelé à un débrayage hier entre 14h et 16h, selon les centres la mobilisation a oscillé entre 50%, au siège à Saint-Ouen, et 90 % à Vitry, le centre d'appel de Bordeaux comptant 70% de participants à ces deux heures de débrayage et Marseille 60%.
Le débrayage de deux heures à l’appel de l'intersyndicale CFTC, CFDT, CFE-CGC et FO était motivé par le flou entretenu selon les syndicats par la direction de Tiscali sur les rumeurs de cession de l’entreprise. Les salariés voulaient ainsi exprimer leur "vive inquiétude" selon les propos de Stanley Marie-Nöel, délégué CFTC chez Tiscali, relatés par l’AFP.
"Nous avons rencontré ce matin la direction: elle s'est contentée de nous dire « La France n'est pas à vendre » : cela ne nous rassure pas du tout […]Tout le monde sait qu'un dossier de cession circule chez les acheteurs potentiels et que des offres sont faites. Les élus du comité d'entreprise ont eu entre les mains un document de la banque Rotschild destinée à ces acheteurs", a-t-il commenté.
La direction n'a pas pu être jointe jeudi par l’AFP pou réagir aux informations fournies par l’intersyndicale.
En effet, alors que chaque occasion est prétexte a rappeler que le marché français est l’un des cinq marchés stratégiques sur lesquels la compagnie se reconcentre selon le plan d’entreprise adopté l’été dernier (article du 31 décembre 2004), les rumeurs de candidatures désignées à la reprise de Tiscali France se multiplient (article du 4 janvier 2005) pour aboutir à des chiffres pouvant atteindre selon les sources jusqu’à une dizaine de candidats intéressés, dont neuf telecom, France Télécom ou Bouygues Telecom.
C’est dans ces conditions que les syndicats demandent des "garanties sociales" écrites à la direction, "au cas où il y aurait un plan social, ce qui permettrait de rassurer les salariés et d'avoir la paix sociale," a conclu le délégué CFTC auprès de l’AFP.