L'Autorité de Régulation des Télécommunications (ART) vient de publier la dernière édition de son Observatoire du marché de l'Internet.
Au 31 décembre 2004, la France comptait 11,9 millions d’abonnés à Internet, dont 6,5 millions connectés à haut débit.
Ainsi, le 4ème trimestre de 2004 a vu pour la première fois le nombre d’abonnement à haut débit dépasser celui des abonnements bas débit.
Le nombre d’abonnement à Internet dans l’hexagone augmente ainsi de 5,6 % en un trimestre (article du 20 décembre 2004).
Avec 11,9 millions d’abonnements, le nombre total d’accès à Internet augmente de 5,6% au quatrième trimestre 2004. Sur l’année 2004, la hausse atteint 12,4%. Cette croissance provient entièrement de la forte augmentation du nombre d’abonnements à Internet haut débit. Il atteint 6,5 millions au quatrième trimestre 2004, en hausse de 18,8% (+82,9% sur en un an). Le nombre d’abonnements bas débit continue de baisser (-7,0%), avec 5,4 millions d’accès. L’érosion du nombre d’accès bas débit atteint même 23,3% sur l’année 2004.
Le chiffre d’affaires total généré par les accès à Internet, soit 614 millions d’euros au 4ème trimestre 2004, est en hausse de 2% sur un trimestre. Le revenu de l’Internet bas débit (168 millions d'euros) diminue moins rapidement qu’au 3ème trimestre, et cette diminution est largement compensée par la hausse du revenu de l’Internet haut débit. Celui-ci est en hausse de 4,9% et atteint au quatrième trimestre 445 millions d’euros, pour un total annuel de 1 648 millions d’euros.
Sur l’année 2004, la fourniture d’accès à Internet a généré un revenu de 2,4 milliards d’euros, dont près de 70% provient des recettes de l’Internet haut débit.
Le nombre d’accès à Internet haut débit a progressé de un million de lignes au cours du 4ème trimestre. Il a désormais dépassé le nombre d’abonnements bas débit : il représente, au 31 décembre 2004, 55% du nombre total d’abonnements.
Au 4ème trimestre comme au 3ème, la hausse du nombre d’abonnements à Internet haut débit est beaucoup plus forte que l’augmentation des revenus générés (+18,8% contre +4,9%), conséquence d'une baisse du prix des abonnements. A cela s’ajoute le fait que les revenus portent sur l’ensemble d’un trimestre tandis que les nombres d’abonnements sont établis en fin de période. Cet effet est d’autant plus sensible que la croissance du nombre d’abonnés est forte.
Les accès à Internet à bas débit
Sont considérés comme accès à Internet à bas débit tous les accès par le réseau téléphonique commuté (RTC), la ligne de téléphone classique. Cette catégorie regroupe les abonnements à des forfaits et les accès dits gratuits, pour lesquels le client n’est facturé que lorsqu’il consomme effectivement que l’on nomme comptes d’accès gratuits.
Le nombre d’abonnements à bas débit continue de décroître à un rythme constant (-7,0% au quatrième trimestre). Comme au 3ème trimestre, le nombre de forfaits à bas débit diminue rapidement (-9,6 %, pour une baisse de 29,9 % sur l’année), du fait d'une forte substitution par des forfaits à haut débit, alors que le nombre de compte d'accès "gratuits" (c'est à dire payants à la minute) décroît moins fortement (-3,4 %, pour une baisse de 13% sur l’année). Les accès facturés à la consommation sont souvent conservés ou cumulés par les consommateurs en connexion de secours. Ces accès concernent également une population qui est très faiblement consommatrice ou pour des utilisations plus ponctuelles comme par exemple l’accès dans une résidence secondaire.
Le volume de trafic lié à Internet bas débit se stabilise (-0,9%), et le chiffre d’affaires continue de baisser, mais sur un rythme moins rapide qu'au 3ème trimestre (-5,1%). Cette baisse s’explique uniquement par la décroissance des revenus générés par les clients au forfait. Le chiffre d’affaires des comptes d’accès gratuits est en hausse de 4,4% par rapport au troisième trimestre, les connections de secours mentionnées précédemment ont apparemment été utiles.
Sur l'ensemble de l'année 2004, les chiffres d'affaires et les trafics ont diminué de façon parallèle pour les comptes d'accès gratuits et pour les forfaits bas débit : les forfaits représentaient 75% du chiffre d'affaires du bas débit et 85% du volume au premier trimestre et il en est de même à la fin de l'année.
Les accès à Internet à haut débit
La catégorie des accès à Internet à haut débit regroupe les technologies xDSL, dont l’ADSL, ainsi que le câble, les accès par boucle locale radio (BLR ), la fibre optique ou l'accès par satellite. La grande majorité des abonnements de la clientèle grand public est constituée par l’accès via l’xDSL et le câble tandis que les autres technologies s’adressent plutôt à une clientèle "entreprise". Sur les 6 529 000 abonnés haut débit, plus de 6 millions l'étaient par le DSL, 454.000 par le câble et 3.000 par d'autres technologies.
Le parc de lignes xDSL augmente très fortement au 4ème trimestre avec une hausse de 20% en trois mois et une hausse de 91,4% en un an. Le nombre d’abonnés au câble enregistre aussi une augmentation plus importante qu’au troisième trimestre (+5,0% contre +1,8%), ce qui abouti à une croissance totale de 15,3% en 2004. Cette forte croissance est probablement due pour partie à un effet saisonnier, mais est aussi favorisée par l’augmentation du nombre de lignes dégroupées, qui atteint 1,6 million au 31 décembre 2004, contre un million au 30 septembre 2004. Un chiffre qui a atteint les 2 millions fin mars 2004 (article du 18 Avril 2005).
Dans le même temps les technologies alternatives subissent un reflux de 5% en trois mois, pour une baisse du nombre d’abonnement totale de 7,8% en 2004.
Le chiffre d’affaires généré par l’accès à haut débit poursuit des évolutions semblables avec une hausse de 4,9% en dernier trimestre 2004. Le revenu généré par les accès haut débit est sans surprise tiré par l'xDSL avec une hausse de 5,6% sur trois mois, alors que le câble se ressaisi avec une hausse de 3,1% sur le trimestre, contre une baisse constatée au troisième trimestre de 2,3%.
Les résultats différenciés de l’xDSL et du câble doivent évidemment s’apprécier au regard des différences de couverture. Ainsi, l'AFORM (Association française des opérateurs de réseaux multiservices) fait valoir un parc de raccordements câble adaptés à l’Internet de l’ordre de 6,3 millions contre un potentiel technique xDSL de plus de 25 millions de lignes.
L’Observatoire du marché de l'Internet au 4ème trimestre 2004 est disponible au format PDF sur le site www.art-telecom.fr .