L’équipementier télécom Alcatel vient de rendre public ses résultats du premier trimestre 2005. Ces derniers confirment l' amélioration de la performance et se montre en ligne avec les prévisions 2005 de l’entreprise.
Le Conseil d'Administration d'Alcatel a examiné et arrêté les comptes du premier trimestre 2005, qui reflètent la transition aux normes IFRS.
Le chiffre d’affaires est de 2 607 millions d'euros au premier trimestre 2005, en progression de 3,7% par rapport au premier trimestre 2004, et même 6,1% à taux de change euro/dollar constant. Ces ventes se répartissent à 42% en Europe de l'Ouest, 7% dans le reste de l’Europe, 15% en Amérique du Nord, 14% en Asie et 22% dans les reste du monde.
La marge brute est de 36,4% et est supérieure à celle des premier et quatrième trimestres 2004. La marge d'exploitation s'établit à 4,1% des revenus, soit 107 millions d'euros pour un résultat net de 124 millions d'euros. L'impact de la capitalisation de la R&D s'établit à 0,8% des revenus, comparé à 1,5% au premier trimestre 2004. Le résultat net atteint 124 millions d'euros et inclut une plus-value sur la cession des titres Nexans de 69 millions d'euros (article du 17 mars 2005). La trésorerie nette s'élève à 304 millions d'euros, compte tenu d'une diminution de l'affacturage de créances clients et d'une augmentation des stocks, en ligne avec le carnet de commandes.
Communications fixes
Les revenus du premier trimestre à 987 millions d'euros sont en baisse de 9,1% à comparer à 1 086 millions d'euros au premier trimestre 2004. La baisse des revenus est principalement due à une légère perte temporaire de part de marché dans l'accès, qui était anticipée, à cause d'une transition entre deux produits, et à un plus fort effet de la saisonnalité de l'activité de la commutation traditionnelle. Cette baisse n'est pas encore effacée par les revenus croissants dans l'IP, l'optique et les applications et dans une moindre mesure dans les services de maintenance et l'activité NGN de remplacement. L'activité optique réalise une performance particulièrement forte, avec un rebond de l'activité sous-marine et des réseaux optiques métropolitains de nouvelle génération, qui comptent désormais 20 clients. L'activité IP continue à croître à un rythme rapide, grâce à une forte demande dans toutes les régions du monde. Les volumes de lignes DSL atteignent 3,9 millions au cours du trimestre. Le nouveau DSLAM IP, lancé au troisième trimestre 2004, compte désormais plus de 15 clients importants depuis son introduction.
La marge d'exploitation s'élève à 50 millions d'euros, soit 5,1% des ventes, grâce principalement à une forte amélioration par rapport au premier trimestre 2004 dans l'activité de réseaux optiques.
Communications mobiles
Les revenus du premier trimestre à 789 millions d'euros sont en progression de 27,9% à comparer à 617 millions d'euros au premier trimestre 2004. L'infrastructure radio continue de croître fortement dans les pays émergents, en particulier en Chine, en Russie, en Inde et au Brésil. Le marché de la couverture indoor 3G se développe en Europe de l'Ouest et Telefonica Spain a sélectionné Alcatel pour déployer ces solutions indoor 3G. Dans le c?ur de réseau mobile, une très forte activité dans la commutation mobile traditionnelle est enregistrée pour soutenir l'expansion de la capacité de la base installée et l'évolution des réseaux traditionnels vers la 3G. Dans le NGN-IMS, en plus du grand succès enregistré aux Etats-Unis pour la 2G et la 3G avec T-Mobile, Cingular et Dobson, une activité commerciale significative a été enregistrée hors des Etats-Unis avec 12 réseaux-pilotes et de nombreux contrats en cours de négociation. Les applications progressent de manière significative, sous l'effet des déploiements au niveau mondial de services de vidéo et de musique en 2,5G et 3G et d'une croissance soutenue dans les solutions convergentes de paiement. Avec son portefeuille de produits rénové, l'activité de transmission continue son redressement sur le trimestre.
La marge d'exploitation s'élève à 66 millions d'euros, soit 8,4% des ventes, et est impactée de 20 millions d'euros correspondant aux coûts de lancement du c?ur de réseau mobile de nouvelle génération suite à l'acquisition de Spatial Wireless, ce qui représente 2,5% d'impact négatif, et d'un mix géographique moins favorable. Les ressources de R&D augmentent également pour s'adapter à la demande croissante des clients dans différents pays, parmi lesquels la Chine, la Russie et la France.
Communications privées
Les revenus du premier trimestre sont stables avec 848 millions d'euros à comparer à 849 millions d'euros au premier trimestre 2004. Dans le marché des entreprises, les revenus sont impactés par la lente progression des services voix. Malgré ce début d'année lent, la part de marché dans la voix sur IP, qui représente un tiers des livraisons de l'activité voix pour entreprises, se maintient. Genesys réalise une solide performance en maintenant sa position de leadership sur tous ses marchés. Les revenus de l'activité spatiale sont faibles, compte tenu d'un bas niveau du carnet de commandes dans l'activité télécoms. Les revenus dans les applications des marchés verticaux continuent leur progression. En particulier, l'activité de systèmes de contrôle du transport par rail démontre une forte croissance, sous l'effet principalement des activités grandes lignes en Europe de l'Ouest et de l'Est, fondées sur la technologie ETCS. Les services d'intégration sont en progression, grâce à un fort carnet de commandes dans les systèmes de sécurité à la fois pour les marchés du transport, de l'énergie et du secteur public.
La marge d'exploitation s'élève à 34 millions d'euros, soit 4,0% des ventes. Les principales contributions à cette marge viennent de l'entreprise et des systèmes de contrôle du transport par rail.
Serge Tchuruk, Président directeur général, résumant les observations du conseil d'administration, a commenté :
« Les résultats du premier trimestre et les tendances de l'activité confirment les hypothèses qui ont conduit à l'établissement de nos perspectives pour l'ensemble de l'année. Ces perspectives demeurent inchangées et incluent un objectif de rentabilité d'exploitation de 10%+. Dans des conditions de marché très compétitives, Alcatel enregistre la meilleure rentabilité d'exploitation jamais réalisée dans un premier trimestre traditionnellement très bas du fait de la saisonnalité. Notre rentabilité tient essentiellement à deux facteurs. Le premier est notre capacité à résister aux pressions sur les prix en optimisant les architectures de produit et l'approvisionnement et en contenant les frais fixes, sans compromettre les opportunités de développement de nos activités. Les marges et les coûts du premier trimestre nous confortent dans notre capacité à atteindre nos objectifs au cours de l'année. La comptabilisation des instruments de couverture des offres peut entraîner désormais une certaine variabilité de la marge d'exploitation trimestrielle, comme ce fut le cas au cours du premier trimestre. Avec des marges sous contrôle, notre deuxième objectif est clairement d'augmenter nos revenus dans un marché en profonde mutation. Cet objectif requiert des investissements de développement pour nous différencier de nos concurrents par la force de notre offre de produits et par notre politique marketing. La tendance très positive de nos prises de commande au premier trimestre confirme le succès de cette stratégie. Celle-ci est fondée non seulement sur la promotion de technologies disruptives comme l'IP, l'optique, le NGN mobile et les applications, mais aussi sur la montée en puissance de nos solutions « de bout en bout », grâce à des partenariats avec des clients clés, en particulier dans les projets de triple play (services combinés de voix, données et vidéo). Dans les marchés verticaux, où les systèmes critiques axés en particulier vers la sécurité et la sûreté deviennent le principal moteur du marché, les positions d'Alcatel continuent à se consolider avec un taux de croissance à deux chiffres, notamment dans le transport, l'énergie et le secteur public. »
« Dans l'activité fixe, nous confirmons nos prévisions d'un rebond au second semestre, après un deuxième trimestre qui continuera à être faible. Ce rebond devrait se matérialiser car les revenus générés par le triple play feront plus que compenser le déclin des produits traditionnels, ce qui conduira à des revenus stables sur l'ensemble de l'année. Le ratio « carnet de commandes sur ventes » du premier trimestre, qui enregistre un niveau exceptionnellement élevé, est un indicateur de cette tendance. En fait, nous sommes clairement le numéro un mondial des projets de triple play, qui constituent pour de nombreux opérateurs la source essentielle de revenus futurs. Nous sommes maintenant actifs chez soixante clients majeurs dans le monde. Dans notre activité mobile, nous enregistrons une forte croissance de 28% des revenus grâce aux réseaux et aux applications et nous avons sensiblement augmenté nos parts de marché. Au cours du trimestre, la marge d'exploitation a souffert des coûts de lancement associés à notre solution de c?ur de réseau de nouvelle génération et d'un mix géographique défavorable. Nous anticipons la poursuite de la forte croissance des revenus au deuxième trimestre avec un retour à une rentabilité d'exploitation à deux chiffres. Dans le secteur des communications privées, nous constatons une forte montée en puissance dans les marchés verticaux effacée par le faible niveau de l'activité spatiale, particulièrement dans les satellites de télécoms, et par une relative atonie du marché entreprise. »
S'agissant des perspectives, Serge Tchuruk a ajouté :
« Nous anticipons une croissance des revenus par rapport à l'année dernière entre 3 et 5% pour le deuxième trimestre et pour l'ensemble de l'année 2005 à taux de change euro/dollar constant. Le résultat par action devrait voir une progression à deux chiffres pour l'ensemble de l'année. »