L’Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes (ARCEP) vient de publier les résultats provisoires de son Observatoire de l'internet haut débit en France pour le premier trimestre 2007.
Fin mars, la France comptait 13,5 millions d'abonnements à Internet à haut débit, dont 12,8 millions d'abonnements ADSL, soit 850 000 de plus qu'il y a trois mois.
Toujours au 31 mars, selon le Tableau de bord du dégroupage et du bistream, la France compte 4,3 millions de lignes dégroupées, dont 2,5 millions en dégroupage total, qui prend le pas sur le dégroupage partiel et ses 1,75 million de ligne. De plus, un peu plus de 3 millions d'accès haut débit sont loués sans abonnement au service téléphonique de l'opérateur historique, c'est à dire des lignes en dégroupage total ou ADSL-nu.
Au 31 mars 2007, la France comptait 13,5 millions d'abonnements à Internet à haut débit, contre 12,7 millions d’abonnements haut débit fin 2006. Le nombre d’abonnements a ainsi augmenté de 800 000 au premier trimestre, soit une progression de 6,3% sur les trois derniers mois (article du 2 mars 2007). Sur un an, la hausse du nombre d'abonnés haut débit atteind 28,9%. (article du 1er juin 2006), soit 3 millions d'abonnés supplémentaires.
Les accès par ADSL représentent toujours la majeure partie du total avec 12,85 millions d'abonnements ADSL, contre 12 millions fin 2006. Le solde du haut débit, 650 000 accès contre 700 000 accès fin 2006, représente la part du câble, mais aussi des accès en fibre optique, par la boucle locale radio (BLR) ou des abonnements Wi-Fi.
Le marché de l'ADSL français reste dominé par Orange, avec 6,329 millions de clients ADSL (article du 26 avril 2007), devant Free et ses 2,5 millions de clients fin mars (article du 3 mai 2007), alors que Neuf Cegetel, qui compte 2,337 millions de clients (article du 4 mai 2007), va bientôt voir sa base d'abonnés s'augmenter des 570 000 clients de Club Internet (article du 10 mai 2007). Derrière, Telecom Italia, avec sa marque grand public Alice, revendique pour sa part 810 000 abonnés ADSL fin mars, contre 775 047 fin 2006, alors que Tele2 France, qui devrait voire ses activités fixe et internet rachetée par SFR (article du 20 mars 2007), par ailleurs actionnaire à 40,66% de Neuf Cegetel (article du 25 octobre 2006), compte plus de 300 000 clients ADSL.
Plus de 3 millions de clients ont rompu les ponts avec France Télécom
Sur les 12,85 millions d'abonnements ADSL fin mars 2007, France Télécom louait aux opérateurs tiers 6,552 millions d’accès de gros, contre 6,03 millions au 31 décembre 2006, soit 590 000 accès de plus en trois mois. Ce total correspond à l’ensemble des accès DSL commercialisés par les opérateurs alternatifs sur les marchés de détail du haut débit, professionnel et résidentiel. La croissance du parc au cours des douze derniers mois est légèrement supérieure à 30%, hausse en ligne avec le trimestre précédent.
Les offres sans abonnement téléphonique classique, dégroupage total et bitstream ADSL Nu, portent la croissance. Elles se substituent en partie aux offres avec maintien d'un abonnement téléphonique séparé, dont les parcs diminuent.
Le démarrage de l’offre bitstream ADSL Nu, qui porte l’essentiel de la croissance du parc bitstream, est rapide et contribue à un effet de rattrapage entre les zones dégroupées et non dégroupées. Le taux de croissance relative du parc bitstream (+13% sur le trimestre) est ainsi supérieur à celui du dégroupage (+10%).
Dans le détail, les 6,552 millions d’accès de gros commercialisés par les opérateurs alternatifs se repartissent entre 4,309 millions de lignes en dégroupage et 2,243 millions d’accès en bitstream. Le dégroupage a connu une progression de 389 000 accès, pour une hausse de 210 000 accès bitstream. Les offres bitstream sont des accès pour lesquels France Télécom se charge de convoyer le trafic jusqu’au point de présence le plus proche de son concurrent, contrairement au dégroupage où France Télécom ne loue à l’opérateur alternatif que le fil de cuivre entre le logement et le central téléphonique, où le concurrent a déployé ses propres équipements.
La progression du dégroupage est portée par le dégroupage total (+ 445 000) alors que le dégroupage partiel baisse de 56 000 accès, des évolutions certainement portées par l'extension du dégroupage par les opérateurs alternatifs qui multiplient leurs points de présence.
Du côté du bitstream, La croissance est du à l'engouement pour l'ADSL-nu (+ 263 000) , qui permet de se passer de l'abonnement à l'opérateur historique, alors que les accès conservant l'abonnement accusent une baisse de 62 000 accès.
Ainsi, au total, les offres des opérateurs alternatifs avec conservation de l'abonnement France Télécom fléchissent de 118 000 accès, alors que les offres permettant de s'affranchir de cet abonnement, dégroupage total et ADSL-nu, progressent de 708 000 accès pour représenter 3 055 000 lignes qui se passent de l'abonnement à l'opérateur historique.
Reprise importante de l'extension géographique du dégroupage
Au 31 mars 2007, 12 830 répartiteurs étaient équipés en DSL par France Télécom et environ 130 répartiteurs restaient à équiper. Certaines lignes téléphoniques étant trop longues pour supporter des services haut débit DSL, le taux de couverture effective du haut débit DSL est vraisemblablement compris entre 97% et 98%.
2053 répartiteurs étaient dégroupés à cette date par les opérateurs alternatifs, leur permettant de raccorder près de 62% de la population.
Le rythme d'extension de la zone de couverture du dégroupage est actuellement de l'ordre de 100 nouveaux sites, soit environ 200 000 ménages et entreprises par mois.
Cette rapidité d'extension, illustrée en nombre de sites sur le schéma ci-dessous, est due pour moitié aux réseaux créés à l'initiative des collectivités locales et pour moitié à l'offre de raccordement passif " Liaison fibre optique " de France Télécom permettant aux opérateurs alternatifs de raccorder de nouveaux répartiteurs afin de les dégrouper.