Au-delà des interrogations sur la partie recette de l’UMTS, les coûts ont encore du mal à être digérés par les opérateurs. Surtout que, comme le souligne Laurent Benzoni, en plus du prix des licences et du coût des infrastructures, le prix important des terminaux ne doit pas être oublié. .
Un des exercices de la journée a été de classer le prix réel des enchères. Jean-Paul Bernardini, directeur de Paribas Affaires industrielles et Laurent Benzoni, professeur à Paris II, se sont essayés à l’exercice, l’un le matin, l’autre l’après midi.
L’opérateur mobile paye deux fois le coût d’acquisition du client
Jean-Paul Bernardini a dressé un classement des attributions UMTS en Europe selon le critère du prix rapporté aux nombres d’habitants. Comme prévu, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont en tête avec plus de 600 euros par habitant, suivie de la France avec 340 euros par habitant. Il en conclut que le prix moyen de l’UMTS est d’environ 350 euros par habitant. Ce prix est considérable et revient à dire que l’opérateur mobile doit payer deux fois le coût d’acquisition du client. En effet, Jean-Paul Bernardini estime ce prix également à 350 euros par habitant.
L’Espagne est 33 fois moins cher que la France
Le professeur Laurent Benzoni a, quand à lui, réalisé ce calcul en prenant le prix de la licence par habitant, par mega-hertz et par an puisque toutes ces données diffèrent d’un pays à l’autre. Son classement se trouve être peu ou prou le même que celui de Jean-Paul Bernardini. Laurent Benzoni estime ainsi le prix d’une licence en Allemagne à 0,21 euros par habitant, par mega-hertz et par an. Le rapport est donc de 1 à 6 entre l’Allemagne et l’Autriche, l’un des pays les moins chers. Le moins cher est bien sûr la Finlande puisqu’elle offre ces licences. On voit ainsi que l’Espagne est 33 fois moins chère que la France.
Conséquence : un petit nombre d’opérateurs pan européens
Georges Passet, de Bouygues Telecom, a estimé que la France possède à présent les inconvénients des enchères, à savoir un prix très élevé, et les inconvénients du beauty contest, à savoir des obligations en terme de couverture, de vitesse de déploiement ou encore en terme de tarifs.
Pour sa part, Pierre Delmond, de France Telecom a ainsi estimé que « dans les cinq grands pays européens à part l’Espagne, le coût est très cher ». Il ne voit en conséquence que deux consortiums qui sont en mesure d’émerger : Vodafone et bien sûr France Telecom. Laurent Benzoni a expliqué ce phénomène en rappelant q’une hausse importante des coûts fixes entraîne nécessairement un regroupement des opérateurs. .
La question de la viabilité des réseaux UMTS se pose donc concrètement surtout que l’avenir des services offerts, avec l’expérience i mode ou Wap, semble de plus en plus incertain.