Suite aux pannes des réseaux de France Télécom ( article du 3 novembre 2004) puis de Bouygues Telecom ( article du 18 novembre 2004), Patrick Devedjian, ministre délégué à l'Industrie, s’était inquiété et avait demandé une enquête sur ces pannes informatiques qui ont paralysé les réseaux de télécommunications
( article du 18 novembre 2004).
Finalement, le rapport sur ces « dysfonctionnements de grands réseaux de télécommunications » qui vient de lui être remit, ne pointe pas de faute de la part des opérateurs, ni de lien entre ces évènements rapprochés et encore moins de malveillance à l’origine des pannes… la faute à pas de chance, mais l’Etat veut prendre ses précautions pour l’avenir.
Parallèlement aux expertises internes menées par les opérateurs, Patrick Devedjian, ministre délégué à l’Industrie , avait demandé à Jean-Michel Hubert, vice-président du Conseil général des Technologies de l’Information, de conduire une mission d’enquête, afin d’évaluer l’impact de ces dysfonctionnements, de déterminer et d’analyser leurs causes, et de proposer des solutions techniques ou administratives permettant d’éviter qu’ils ne se reproduisent.
Le Ministre délégué à l’Industrie, a réuni vendredi 11 février 2005, à 9h30, à Bercy, les opérateurs des quatre principaux réseaux de télécommunications implantés en France. Participaient notamment à cette réunion Gilles Pélisson, Président Directeur Général de Bouygues Télécom, Frank Esser, Président Directeur Général de SFR, René Le Gal, Directeur du Réseau Orange, et Jean-Philippe Vanot, Directeur Exécutif de France Télécom.
Jean-Michel Hubert, Vice-Président du Conseil Général des Technologies de l’Information, a présenté les conclusions de la mission d’enquête sur les dysfonctionnements ayant touché de grands réseaux de télécommunications au cours du second semestre 2004, mandatée par le Ministre délégué à l’Industrie le 17 novembre dernier.
Patrick Devedjian a relevé les six conclusions suivantes :
- Il n’existe pas de lien apparent entre ces différentes pannes.
- Les dysfonctionnements ont eu comme origine des défauts, dus à des interventions humaines ou automatiques sur les équipements techniques des réseaux, qui ne provenaient pas d’attaques malveillantes.
- Il n’y a eu de la part des opérateurs ni faute, ni négligence caractérisée.
- Certains équipements s’avèrent à la fois particulièrement sensibles et essentiels au fonctionnement des réseaux :
Pour le réseau fixe, la passerelle entre le réseau de téléphonie sur Internet (réseau IP) et le réseau classique (Réseau Téléphonique Commuté).
Pour le réseau mobile, les bases de données qui associent le numéro de téléphone aux données clients nécessaires à l’établissement de la communication.
- Le niveau des précautions à prendre pour la sécurité des réseaux doit encore être relevé. Cela s’applique aussi bien à l’anticipation des risques, aux mesures de prévention associées (architecture des systèmes, approche qualité intégrant opérateurs et fournisseurs industriels, processus de tests et d’expérimentation avant mise en service réel), qu’aux dispositions opérationnelles permettant d’en contrôler la mise en œuvre.
- Les pouvoirs publics ne sont pas suffisamment bien organisés pour anticiper et faire face à ces pannes des grands réseaux de télécommunications. Des efforts plus importants doivent être consacrés à la prévention et à la protection face aux risques, en fonction de leur probabilité d’occurrence et de leur impact sur la vie économique et sociale.
A l’issue de la réunion, en accord avec le Premier Ministre, le Ministre a demandé au CGTI, sur la base de ces conclusions, de lui proposer, en concertation avec le Haut Fonctionnaire de Défense, le Secrétariat Général de la Défense Nationale, et le Ministère de l’Intérieur, et avant le 27 mai 2005, un plan d’actions permettant d’accroître le niveau des précautions à prendre pour la sécurité des réseaux et d’améliorer l’organisation de l’Etat pour mieux anticiper et faire face à ce type de pannes.