Le fournisseur d’accès à Internet Tiscali France aurait reçu cinq offres de rachat, selon le journal Les Echos daté de ce jour.
La maison mère italienne n’a pris encore aucune décision si ce n’est ,selon un porte-parole contacté par l’AFP, de ne pas de prendre de décision avant le mois de mars.
Réagissant à ces informations l’intersyndicale de l’entreprise française a appelé à la grève générale à partir de jeudi pour forcer la direction a engager des négociations afin d’offrir des garanties sociales aux salariés.
Malgré les différentes dénégations de l’entreprise italienne, la filiale française de Tiscali serait donc en vente ou du moins dans un processus préalable à celle-ci. En effet, le quotidien Les Echos , cinq candidats se seraient déjà déclarés en précisant leur offre financière pour des montant de 200 à 300 millions d’euros. Le journal précise que les offres doivent être déposés avant le fin de la semaine. Les candidats actuellement connus, toujours selon Les Echos, seraient Bouygues Telecom , Cegetel , Club-Internet (filiale de T-Online, elle même en cours de fusion avec sa maison mère Deutsche Telekom, article du 8 février 2005 ), neuf telecom et Telecom Italia, connu en France sous sa marque Alice .
Une porte-parole du groupe a déclaré mercredi qu’"aucune décision n'a été prise. Tiscali fera le point sur son plan de refinancement à la mi-mars", conformément à ses prévisions... Mais, il y a moins d’une semaine, le directeur financier du groupe, Massimo Cristofori, avait déclaré à Bloomberg "Nous avons reçu beaucoup d'offres. Nous sommes en train de les évaluer".
Tiscali, qui a révélé la semaine dernière, lors de la publications des résultats 2004 du groupe, compter 1,65 millions d’abonnés ADSL, dont 330 000 dégroupés, en Europe ( article du 17 février 2005 ), a déjà dégagé 170 millions d’euros de la cession des actifs jugés non stratégiques et les 50 millions d’euros d’augmentation de capital réalisés (article du 31 décembre 2004).
Une série de désengagement effectués afin de se focaliser sur les cinq marchés jugés alors stratégiques (Allemagne, Benelux, France, Italie et Grande-Bretagne) qui se poursuit avec dernièrement la vente de la filiale danoise à Télé2 (article du 1er février 2005).
Les salariés en grève dès demain
L’intersyndicale de Tiscali France a appelé à "une grève générale à partir de jeudi, jusqu'à l'ouverture de négociations sociales" du fait de cette persistance des rumeurs de vente. En effet, "les salariés de Tiscali France sont extrêmement inquiets du devenir des emplois après les rumeurs de vente imminente de la filiale française et les syndicats souhaitent la mise en place d'un accord collectif leur garantissant un accompagnement" en cas de plan social.
C’est "devant le refus de la direction d'ouvrir des négociations pour signer un tel accord" que les syndicats "appellent les salariés à une grève générale de 24 heures jeudi, reconductible jusqu'à l'ouverture de discussions sociales concrètes", a précisé à l'AFP, Thierry Selles, délégué syndical central CFDT.
Ce dernier confirme également les dires du porte parole du groupe Tiscali en précisant que l’entreprise " s'est donné jusqu'au 15 mars" avant d'annoncer la vente et comme "il est pratiquement certain qu'il y aura un plan social, les salariés veulent obtenir des garanties" avant cette date.
Le regroupement des syndicats CFDT, CGC, FO et CFTC de l’entreprise renouvelle ainsi un mouvement déclenché le mois dernier pour lutter contre le flou de leur avenir( article du 28 janvier 2005 ). Le débrayage du 27 janvier avait été suivit par près de 60% des employés.