La présentation des résultats du groupe Bouygues hier (article du 2 mars 2005) a été l’occasion pour l’opérateur de téléphonie mobile Bouygues Telecom d’annoncer le lancement commercial de ses offres utilisant la technologie Edge dès mai prochain.
Bouygues Telecom en a profité pour expliquer ses choix technologiques différents de Orange ou SFR et répondre à ces derniers qui raille sa décision de différer le déploiement de la téléphonie mobile de troisième génération, 3G ou UMTS, sur son réseau, alors qu’eux même on déjà sauté le pas (article du 10 novembre 2004 et article du 6 décembre 2004).
Bouygues Telecom lancera commercialement la technologie Edge en mai 2005 pour les entreprises et au cours de 4ème trimestre pour le grand public. L’opérateur promet que tous les services i-mode seront proposés sur le réseau Edge, notamment la télévision en streaming, grâce à des terminaux compatibles Edge et i-mode. Bouygues Telecom compte bien entretenir le succès de son offre d’Internet de poche i-mode qui a dépassé le cap du millions d’utilisateurs en décembre dernier ( article du 11 janvier 2005 ).
L’investissement consenti par l’opérateur est de 230 millions d’euros, dont plus d’un tiers ont été effectué en 2004, pour une couverture nationale. Un chiffre que Bouygues Telecom compare avec les 3 milliard d’euros investis par ses concurrents dans la couverture du territoire avec la 3G, mais ces montants seront par exemple répartis sur 10 ans pour SFR.
Au niveau des technologies utilisées, Edge se place théoriquement comme un niveau d’évolution entre le GSM version GPRS (GSM =2G et GPRS=2,5G) et l’UMTS, 3G pour téléphonie mobile de troisième génération. Un évolution du GSM, de niveau approximativement 2,75, ne nécessitant pas le renouvellement complet du réseau. Bouygues explique ce choix par les débit atteint par la technologie Edge, avec des débit moyens du réseau vers le mobile de 130 Kbps et du mobile vers le réseau de 60 Kbps. Des valeurs à comparer avec des valeurs de 250 Kbps et 50 Kbps pour l’UMTS-R99, la première version de la 3G actuellement déployée et la 2ème génération UMTS qui elle proposerait des valeurs respectivement de 1 000 Kbps et 100 Kbps. Cette deuxième génération de l’UMTS , le HSDPA pour Hight Speed Downlink Packet Access, étant celle qui Bouygues Telecom compte déployer directement, tout en effectuant actuellement des tests à petite échelle en région parisienne sur l’UMTS-R99.
Bouygues Telecom soutient le bien fondé de son investissement dans une technologie non mise en avant par ses concurrents par le déploiement prévu de Edge par 118 opérateur dans 69 pays, tirant ainsi l’offre de terminaux compatibles et leurs prix.
La solution prudente de Bouygues Telecom s’explique également par da part de marché de 17% et son besoin en tant que « petit opérateur » de s’épargner une guerre sur les moyens déployés avec le duo Orange/SFR, représentant respectivement 48 % et 36% du marché mobile.
Enfin, l’opérateur décrit les choix de ses concurrents par un niveau de saturation du réseau différent du sien, ces premiers ayant un besoin de capacité voix, qu’il n’aurait pas. Ce faisant, Bouygues Telecom exprime peut-être une des raisons cachées expliquant sa réticence à accueillir des opérateur mobiles virtuels (MVNO) sur son réseau, qui pourrait alors peut-être être victime de saturations…