L’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP) vient de rendre public son tableau de bord du dégroupage en France à la fin du second trimestre 2005.
Au 30 juin 2005, la France comptait 2 330 000 lignes dégroupées soit une progression de 14% en trois mois, tiré par le décollage tant attendu du dégroupage total dont le nombre de ligne augmente de près de 70%.
L’observatoire du dégroupage permet de souligner que désormais l’extension du dégroupage total passe par l'intervention des collectivités qui permettent le déploiement de réseaux de collecte et facilitent ainsi l'accès, par les opérateurs du dégroupage, aux répartiteurs desservis par ces réseaux.
De plus, la mise en place des indicateurs de la qualité de service du dégroupage total par France Télécom, mesurée chaque mois, donne des résultats qualifiés de "contrastés" et sont peu satisfaisants pour ce qui concerne les délais du service après vente du dégroupage.
Au 30 juin 2005, on comptait en France 2 329 526 lignes dégroupées, dont 2 073 942 en dégroupage partiel et 255 584 en dégroupage total. Un total qui affiche une progression de 14% depuis la publication du précédent tableau de bord du dégroupage à la fin du premier trimestre 2005 (article du 18 avril 2005).
Avec une hausse de 68% au cours du second trimestre 2005, le dégroupage total, qui permet à l’abonné de ne plus payer d’abonnement téléphonique à France Télécom, gagne du terrain par rapport au dégroupage partiel. Pour apprécier la réalité du marché, il faut noter que les lignes construites en dégroupage total proviennent pour partie de nouveaux clients du dégroupage, et pour partie de migrations d’accès qui étaient précédemment en dégroupage partiel. Le chiffre du dégroupage partiel indiqué ci-dessus s’entend donc net de ces migrations.
Cette hausse du dégroupage total n’a pas calmé les opérateur alternatifs qui ont réaffirmé à l’ARCEP le mois dernier leur requête d’une baisse du tarif de dégroupage total à 7 euros par ligne par mois de reversement à France Télécom, afin de permettre le décollage de ce dernier (article du 13 juin 2005).
Il est a noter que l’extension de la couverture du dégroupage passe aujourd’hui par l’intervention des collectivités
L’ARCEP observe en effet depuis quelques mois un tassement de l’extension géographique du dégroupage en métropole (64 nouveaux répartiteurs dégroupés sur les 6 derniers mois, contre près de 150 au cours des 6 mois précédents) : on compte ainsi, au 1er juillet 2005, 976 répartiteurs livrés par France Télécom aux opérateurs alternatifs pour qu’ils puissent y installer leurs équipements nécessaires au dégroupage (944 en métropole et 32 dans les DOM).
Autour des zones qu’ils ont déjà dégroupées, les opérateurs consolident leur couverture, mais cette extension reste limitée. Désormais, les nouvelles zones dégroupées le sont essentiellement grâce au soutien des collectivités territoriales (Oise, Pyrénées Atlantiques, Loiret, Alsace, etc.). Celles-ci permettent le déploiement de réseaux de collecte, dans le cadre de délégations de service public, et facilitent ainsi l’accès, par les opérateurs du dégroupage, aux répartiteurs desservis par ces réseaux.
La qualité de service du dégroupage
Conformément aux engagements pris par France Télécom en février dernier et au nouveau cadre de régulation du dégroupage en place depuis juin, tel qu’établi par les décisions 05-275 (lien) et 05-277 (lien) de l’ARCEP, France Télécom met désormais en ligne tous les 20 du mois une liste d’indicateurs de qualité de service mesurés pour le mois passé. Ce système permet de veiller à ce que la qualité de service du dégroupage continue de converger vers celle des autres offres de France Télécom.
Les premières mesures publiées par France Télécom pour mai 2005 et juin 2005 donnent des résultats contrastés. Si elles indiquent une amélioration des délais, s’agissant de la livraison des paires dégroupées, elles sont peu satisfaisantes s’agissant des délais du service après vente du dégroupage.
Ainsi, pour le dégroupage total par exemple, si près de 96% des paires ont été livrées en juin dans les délais contractuels, moins de 53% des paires ayant fait l’objet d’une procédure de SAV ont été traitées par France Télécom dans les délais contractuels, i.e. dans les deux jours suivant le dépôt de la signalisation par l’opérateur. L’amélioration de cette procédure devra donc faire l’objet d’une attention particulière dans les semaines à venir.