L’Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes (ARCEP) vient de rendre public son tableau de bord du dégroupage au 31 décembre 2005.
La France compte ainsi plus de 2,82 millions de lignes dégroupées à la fin 2005, un chiffre en progression de plus de 12% sur les trois derniers mois de l’année.
Le dégroupage total contribue grandement à la hausse en affichant un taux de croissance de 64% sur ces trois derniers mois, après avoir connu une progression respective de 70 % et 41% aux second et troisième trimestre 2005, pour compter près de 600 000 lignes qui ont complètement échapées à l’opérateur historique.
Ainsi, sur les 310 000 nouvelles lignes dégroupées au quatrième trimestre 2005, 232 000 le sont en dégroupage total depuis la publication du précédent tableau de bord du dégroupage à la fin du troisième trimestre 2005 (article du 18 octobre 2005).
L’observatoire du dégroupage permet de confirmer que, de la même façon que lors des second et troisième trimestres, l’extension du dégroupage total est le résultat des réseaux d'initiative publique lancés par les collectivités territoriales.
La France est restée au cours de l'année 2005 le leader européen du dégroupage. Avec, à la fin 2005, un parc de lignes dégroupées estimé par l'ARCEP à 2,82 millions, le dégroupage représente aujourd'hui le premier mode d'accès utilisé par les opérateurs alternatifs pour concurrencer, sur le marché de détail, les offres haut débit de l'opérateur historique.
L'année 2004 avait été marquée par la forte extension géographique des zones couvertes en dégroupage et l'essor considérable du nombre d'accès dégroupés, essentiellement en dégroupage partiel. En 2005, la tendance est à la consolidation ; les deux événements marquant de l'année passée ont été l'essor du dégroupage total et l'intervention croissante des collectivités locales.
L'essor du dégroupage total
Au 31 décembre 2005, le parc de lignes dégroupées est estimé par l'ARCEP à 2.82 millions, soit 2 228 000 lignes en dégroupage partiel et 592 000 lignes en dégroupage total.
Contrairement au cas du dégroupage partiel, l'abonné qui souscrit à une offre de dégroupage total auprès d'un opérateur alternatif n'a plus à payer d'abonnement téléphonique à France Télécom : c'est désormais l'opérateur alternatif qui lui fournit l'ensemble des services (accès à Internet, téléphonie sur IP, télévision sur DSL etc.).
Les chiffres publiés trimestriellement par l'ARCEP montre que le dégroupage total a connu un réel essor au cours de l'année 2005 - son parc a été multiplié par 6 - , et supplante désormais, en flux net, le dégroupage partiel : + 64 % pour le dégroupage total au 4ème trimestre 2005 contre + 3.5 % pour le dégroupage partiel. Pour apprécier la réalité du marché, il faut noter que l'augmentation nette du parc d'accès partiellement dégroupés tient compte, d'une part, du recrutement de nouveaux abonnés en dégroupage partiel et, d'autre part, du départ de certains abonnés du dégroupage partiel vers le dégroupage total.
1107 sites dégroupés
Au 31 décembre 2005, France Télécom a livré aux opérateurs alternatifs 1107 sites de dégroupage, soit 1058 en métropole et 49 dans les DOM, soit 16 nouveaux sites dégroupés en un trimestre en métropole et 3 dans les DOM.
L'année 2005 a été marquée par un tassement de l'extension des zones dégroupées ; la couverture de la population en dégroupage n'a augmenté qu'à la marge, en passant de 52 % à 54 % (ces taux estimés ne tiennent pas compte de la notion d'éligibilité des lignes desservies).
L'intervention des collectivités locales
Parmi les 168 nouveaux sites livrés en métropole par France Télécom au cours de l'année 2005, plus des trois quart l'ont été grâce à l'intervention des collectivités locales, principalement autour de quatre projets de réseaux d'initiative publique (Alsace, Loiret, Oise et Pyrénées Atlantique).
En confiant à des délégataires le déploiement de réseaux de fibre départementaux ou régionaux, les collectivités locales prennent ainsi le relais de l'extension de la couverture du dégroupage en facilitant l'accès, par les opérateurs nationaux du dégroupage, aux répartiteurs desservis par ces réseaux.