Après plus d'un mois de négociations, Vodafone, premier opérateur mobile mondial avec près de 200 millions de clients fin 2006, s'est emparé, le 11 février, de 67% du capital de l'indien Hutchison Essar auprès de Hutchison Whampoa pour 11,1 milliards de dollars.
Le quatrième opérateur mobile indien, avec 16,4% du marché et 23,3 millions d'abonnés, était également convoité par les groupes indiens Hinduja, le numéro deux du marché Reliance Communications et Essar, le deuxième actionnaire de Hutchison Essar avec 33% du capital. Une situation qui a fait passer monté la valorisation retenue de l'indien de 43% entre la première offre envisagée de Vodafone en décembre dernier, près de 13,5 milliards de dollars, et l'offre gagnante, alors que la réglementation indienne interdit aux opérateurs étrangers de détenir plus de 74% d'un opérateur local.
Ce rachat exprime la nouvelle stratégie du numéro un mondial de la téléphonie mobile qui compte faire des marchés émergents le nouveau moteur de sa croissance, alors que les marchés européens sont matures et ne cachent plus de possibilités de croissance rapide. En Inde, Vodafone espère faire passer la part de marché de Hutchison Essar de 16% à 20-25% d’ici 2012.
Ainsi, le marché mobile indien devrait compter 500 millions de clients en 2010, alors qu'à fin 2006, 150 millions d'abonnés étaient dénombrés, soit un indien sur neuf, alors que plus de 5 millions de nouveaux clients sont enregistrés chaque mois.
Vodafone, qui s'est séparé de sa filiale japonaise en mars dernier, après avoir racheté J-Phone en 2003, et qui a depuis cédé ses participations minoritaires dans le belge Proximus (article du 25 août 2006) et Swisscom Mobile (article du 29 décembre 2006), ainsi que Vodafone Suède au norvégien Telenor, s'est en parallèle emparé du turc Telsim, numéro deux national, a acquit la totalité de ses filiales tchèque Oskar Mobil et roumaine MobiFon, et est monté à 50% du capital du sud-africain Vodacom.
Vodafone détient également 10% du premier opérateur mobile indien, Bharti Airtel, participation qui doit prochainement être réduite à 4,4%.