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La téléphonie mobile affirme son poids dans l´économie française


Publié par : ComparaTEL
21 Mars 2007

L’Association Française des Opérateurs Mobiles (AFOM) détaille le poids de la téléphonie mobile dans l'économie française grâce à la publication de la première édition de l’Observatoire Economique de la Téléphonie Mobile, une « méta étude » qui s’appuie sur l’analyse, par l’IDATE et Coe-Rexecode, de nombreuses études et publications françaises et européennes (notamment celles de l’ARCEP).

Le lobby des opérateurs mobiles, créé en 2002 par Bouygues Telecom, Orange et SFR (article du 4 février 2002), rejoints depuis par Auchan Telecom, Breizh mobile, Carrefour Mobile, Debitel, M6 (M6 mobile), TEN, Universal Music (Universal mobile) et Virgin mobile (article du 11 décembre 2006), entend redorer son image alors qu'il traîne quelques casseroles, le baromètre des plaintes de l'AFUTT ayant même dernièrement enregistré une hausse des plaintes de 50% pour le secteur (article du 19 mars 2007).

Fin 2005 (article du 1er décembre 2005), les trois opérateurs mobiles de réseaux avait été condamné à 534 millions d'euros d'amende par le Conseil de la concurrence pour des pratiques d'entente ayant restreint le jeu de la concurrence sur le marché entre 1997 et 2003, une amende confirmée en appel (article du 12 décembre 2006), alors que les trois opérateurs se pourvoient en cassation contre cette décision (article du 19 janvier 2007). Suite à cette condamnation, l'association UFC-Que Choisir avait lancé une campagne de centralisation de demandes d'indemnisation qui a abouti au dépôt de plus de 12 500 requêtes individuelles auprès du Tribunal de Commerce de Paris (article du 17 octobre 2006).

Autre sujet encombrant pour les opérateurs mobiles, les tarifs des appels émis ou reçu dans un pays européen différent de celui de l'abonnement mobile utilisé. Ces tarifs d'itinérance internationale sont au coeur d'une lutte d'influence entre les opérateurs et la Commission européenne, soutenue par les associations européennes de consommateurs (article du 21 février 2007). Un sujet en passe d'être réglé selon la commissaire européenne Viviane Reding, qui a déclaré la semaine dernière : «Nous sommes sur le point de parvenir à un accord politique sur une réduction ambitieuse des tarifs appliqués à l'itinérance d'ici à l'été prochain», qui ajoutait «j'invite les ministres et parlementaires travaillant actuellement sur cette réglementation […] à écouter davantage les consommateurs, et moins les lobbies industriels.»



La première édition de l’Observatoire Economique de la Téléphonie Mobile fait le point sur l'influence du secteur de la téléphonie mobile en France.

L’Association Française des Opérateurs Mobiles (AFOM) a confié aux instituts d’études IDATE et Coe-Rexecode la réalisation de la première édition de l’Observatoire Economique de la Téléphonie Mobile. Créé avec l’appui de Jean-Hervé Lorenzi, Président du Cercle des Economistes et Administrateur de l’AFOM, l’Observatoire Economique vise à produire et à diffuser régulièrement des données économiques sur le secteur de la téléphonie mobile, tant du point de vue des opérateurs que de celui des consommateurs – en complément des indicateurs trimestriels et annuels de l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP).

Cet Observatoire part de deux constats : d’une part, le secteur de la téléphonie mobile a seulement une quinzaine d’années et n’est pas identifié en tant que tel dans les statistiques publiques ; d’autre part, il est utile dans tout débat de pouvoir s’appuyer sur des données factuelles dont les sources font référence.


Un développement du marché français poussé les investissements

En 15 ans, la téléphonie mobile connu un fort développement, passant de 500 000 clients en 1992 à 51,7 millions de clients début 2007 (article du 7 février 2007) et représentant un chiffre d’affaires consolidé de 21 milliards d’euros en 2006. L'AFOM ajoute que l'activité à été multipliée par 10 en 10 ans (1996-2006), « quand d’autres secteurs réputés dynamiques comme la télévision ou les services informatiques ont seulement doublé. »

L'industrie de la téléphonie mobile représente 95 000 emplois directs et indirects en France en 2005 et 10 milliards d’euros de valeur ajoutée en 2005, soit 0,8% du PIB marchand. La contribution de la téléphonie mobile à l’économie française est supérieure à celle de l’aéronautique civile (8,4 milliard d'euros de valeur ajoutée) et proche de celle des services informatiques (11,2 milliard d'euros), remarque l'observatoire.

Ce poids dans l’économie française a notamment été atteint grâce à un investissement de 30 milliards d’euros en cumulé sur 15 ans à fin 2006, en faisant l’un des premiers secteurs investisseurs en France. Rapportant ces investissements a des grands projets nationaux frappant, l'observatoire souligne que ces investissements sont équivalents à 75 Viaducs de Millau (400 millions d'euros) ou à 8 Lignes à Grande Vitesse Méditerranée entre Valence et Marseille (3,8 milliard d'euros), comparaisons assez éloignées du sujet.

L'observatoire de l'AFOM souligne que ces investissements, équivalents à 25% de la valeur ajoutée du secteur en 2005, quand l’ensemble de l’économie française investit en moyenne un montant équivalent à 11,5% de la valeur ajoutée, ont participé à l’aménagement de l’ensemble des départements français, avec plus de 98% de la population couverte à fin 2006, une couverture qui en retour a également permit au secteur de lever les freins à son adoption. D'ailleurs, l'AFOM rappelle la mise en place de deux programmes uniques en Europe pour couvrir d’une part les zones blanches (article du 18 janvier 2007) et d’autre part les axes de transport prioritaires (article du 27 février 2007).

En regard de ses investissements, l'observatoire met la contribution du secteur de 7 milliards d’euros de recettes fiscales et taxes pour l’Etat (dont 4 milliards d’euros de TVA collectée) en 2005, alors que plus de 2 milliards d’euros de dépenses commerciales par an « bénéficient notamment au consommateur à travers le subventionnement des téléphones. » Une subvention qui a tout de même comme contre partie des durées d'engagement plus ou moins longues, pour amortir ces dépenses.


Une régulation qui permet une diminution du prix des appels mobiles

L’Observatoire Economique de la Téléphonie Mobile dresse le portrait d'un secteur en pleine mutation, notamment sous le coup de la régulation que les acteurs jugent trop grande au vu de l'évolution du marché. Ainsi, la baisse des tarifs de terminaisons d’appel a eu un impact de 2 milliards d’euros sur le chiffre d’affaires cumulé des opérateurs en 2006 et de 650 millions d’euros sur leur résultat, une somme qui a surtout été économisé par les consommateurs. Face à ceci, l'observatoire met en avant la quasi-stagnation du chiffre d’affaires consolidé du secteur en 2006 (+ 1,4%) alors que ce chiffre d’affaires avait augmenté en moyenne de 10,6 % par an entre 2000 et 2005. Une remarque qui indique surtout la maturité du marché français alors que près de 81% de la population est équipée en mobile.

L'observatoire souligne aussi la nouvelle intensité concurrentielle du marché avec le passage de 3 acteurs début 2005 à près de 30 marques aujourd’hui. Les nouveaux acteurs (opérateurs mobiles virtuels -MVNO- et licences de marque) ont pris 5,7% du marché en moins de deux ans, ajoutant surtout qu'ils ont gagné en moyenne plus d’un point de part de marché par trimestre en 2006. Cette situation représente une réalité mouvante. Ainsi, l'arrivée d'opérateurs mobiles virtuels a longtemps été retardée par l'attitude des opérateurs français, comme dans le cas de Télé2, qui dès 2001 désirait lancer une offre mobile (article du 7 juin 2001), mais n'y est parvenu qu'en 2005 (article du 17 juin 2005). De plus, dans le cas des licences de marques, comme Universal Mobile chez Bouygues Telecom ou M6 Mobile chez Orange, les clients sont des clients de l'opérateur mobile de réseau bénéficiant de tarifs spécifiques et de contenus. Du côté des opérateurs mobiles virtuels, qui représentent 2,79% du marché, soit près de 1,4 million de clients, plus de deux ans et demi après le lancement du premier (article du 9 juillet 2004), il ne faut pas oublier qui les opérateurs de réseau louent leur réseau à ceux-ci, qui recrutent souvent des clients rétifs aux offres classiques. En outre, le poids des MVNO sur d'autres marchés européens est bien plus grand : 30% de parts de marché en Allemagne, 27% au Danemark, 22% en Norvège, 15% en Finlande, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni.

A côté de cette régulation et de cet environnement qui se modifie, l'observatoire de l'AFOM met en avant la « diminution régulière du prix des appels mobiles » dont bénéficie le consommateur français alors que les ménages français consacrent 1,2% de leur budget à la téléphonie mobile, une part « stable depuis 2002 alors qu’on assiste à une forte croissance des usages voix et SMS » ajoute l'observatoire. Ainsi l'étude montre une augmentation de 5,2% de la dépense moyenne par mois et par client entre 2002 et 2005, pour arriver à 24,1 € HT de dépense moyenne mensuelle par client en téléphonie mobile en 2005 (hors achat de téléphone et services à valeur ajoutée). Cette progression est mise en lumière face à l'augmentation de 37% de l’usage du mobile entre 2002 (115 minutes d’appels par mois et par utilisateur) et 2006 (157 minutes, soit plus de 2h30) et à celle de 100% du nombre moyen de SMS par client entre 2002 (13 SMS envoyés par mois) et 2006 (plus de 25), alors que entre 2002 et 2006 le prix moyen de la minute pour les appels téléphoniques passés avec un mobile a baissé de 26%, pour atteindre 15,8 centimes d’euro HT en moyenne pour une minute d’appel téléphonique passé avec un mobile en 2006. Un développement qui doit également être en partie dû à ces baisses de prix.

Rappelons que le régulateur du secteur, l'ARCEP, est une autorité indépendante et a orchestré les baisses de tarifs mobiles de gros [terminaison d'appel mobile et SMS] en les rapportant à leurs coûts, jugés toujours assez inférieurs aux tarifs régulés pour ne pas représenter de vente à perte. Notons également que des études menées en novembre 2003 et en mai 2004 par l‘UFC-Que Choisir avait aboutis a l'estimation d'une marge de plus de 80% sur les SMS (article du 15 juin 2004).


Le consommateur français bien lotis, même s'il ne parait pas le mieux équipé

L'observatoire de l'AFOM remarque que le consommateur français bénéficie d’offres plus avantageuses que le consommateur européen. Ainsi, la « messagerie vocale est systématiquement gratuite pour le consommateur français, mais pas pour le consommateur allemand, anglais et italien. » La facturation à la seconde, sans crédit temps, ni charge fixe est pratiquée pour le consommateur français, mais pas pour le consommateur allemand, anglais, espagnol et italien, une évolution arrachée par l'UFC-Que Choisir, qui avait estimé en 2002 que « 25 à 30 % du temps facturé par les opérateurs de téléphonie mobile ne sont jamais consommés par les abonnés » avec les paliers de facturation.

L'AFOM voit dans ces avantages une stimulation, en toute logique, de l’usage du téléphone mobile. En moyenne, le client français téléphone davantage avec son mobile (147 minutes par mois en 2005) que le consommateur allemand (50 minutes), anglais (89 minutes), italien (82 minutes) et espagnol (115 minutes).

L'observatoire note une « convergence des études récentes (notamment Omsyc et Teligen) sur le fait que les tarifs mobiles en France se situent dans la fourchette basse des tarifs mobiles en Europe. » Une affirmation contredite par d'autres études, comme celle de Ministère finlandais des Transports et des Communications, qui, avec une méthodologie différente, estimait mi-2006 les appels mobiles trois fois plus chers en France qu'en Finlande.

L'étude faite pour l'AFOM remarque aussi que si le taux d'équipement mobile français est inférieur à celui d'autres pays européens, cette différence provient notamment d'un multi-équipement de consommateurs. Ainsi, le taux de pénétration du mobile dans un pays mesure uniquement le taux d’équipement en cartes SIM. « Or le nombre de cartes SIM ne correspond pas au nombre d’utilisateurs : certaines cartes SIM sont utilisées dans des ordinateurs et dans des équipements matériels (machine-to-machine). Surtout, de nombreuses personnes sont multi équipées et ont donc au moins deux cartes SIM.
Selon Wireless Intelligence, le ratio de multi équipement dans les mobiles est de 1,15 en France (1,15 carte SIM par utilisateur), tandis qu’il s’élève à 1,25 en Allemagne, 1,42 au Royaume Uni et en Espagne et 1,75 en Italie.
Ces ratios sont à mettre en rapport avec le pourcentage de clients mobiles en prépayé dans ces différents pays. En effet, plus les clients en prépayé sont nombreux dans un pays donné, plus le nombre de cartes SIM en circulation est élevé dans ce pays. Ainsi à mi-2006, 36% seulement des clients français utilisaient des offres prépayées, contre 50% des clients allemands, 58% des clients espagnols, 66% des clients britanniques et 91% des clients italiens.
Au total, l’équipement mobile des foyers en France est dans la moyenne européenne avec un taux proche de 80%, selon la Commission européenne. »


La 1ère édition de l'Observatoire économique de la téléphonie mobile est disponible au format PDF sur le site de l'AFOM www.afom.fr .










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