L'iPhone sera vendu 269 livres en Grande-Bretagne, soit plus cher qu'aux Etats-Unis. L'opérateur O2, qui en a l'exclusivité, a conçu des forfaits spécialement destinés à ce téléphone.
Il faudra débourser 269 livres (387 euros) et s'engager pendant un an et demi, moyennant un abonnement minimal de 35 livres par mois, pour s'offrir un iPhone outre-Manche. Le prix du téléphone le plus attendu de l'année dépasse donc celui payé par les Américains (399 dollars hors taxes, soit 287 euros). Et au bout du compte, la facture iPhone atteindra 899 livres sur les dix huit-mois pour les clients britanniques. Une somme qui n'est pas à portée du premier quidam venu...
Mais Steve Jobs assume. Le patron d'Apple est venu en personne hier annoncer aux Britanniques qu'ils pourront s'offrir son « téléphone révolutionnaire » dès le 9 novembre prochain. Le dernier-né de la marque à la pomme fonctionnera exclusivement sur le réseau d'O2, le premier opérateur mobile du Royaume-Uni en nombre de clients. Il sera pourtant aussi vendu par les magasins Carphone Warehouse, le réseau de distribution d'O2 n'ayant pas une couverture assez importante. La durée de l'exclusivité entre l'opérateur et Apple n'a pas été révélée, mais elle est « de plusieurs années ». Quant aux forfaits, ils incluent la voix mais aussi le transfert de données (vidéos, Internet...) quasi illimité (1.400 pages Web par jour), sachant que ce mobile n'est pas équipé d'une puce 3G, mais d'une puce Wi-Fi qui permettra des téléchargements dans les espaces publics pourvus de tels réseaux. Les forfaits ont aussi été spécialement conçus pour les acheteurs d'iPhone. Voilà qui devrait énerver Nokia : le leader mondial du mobile n'a jamais réussi jusqu'ici à obtenir pareil traitement de faveur de la part des opérateurs télécoms. D'ailleurs, autre nouveauté, O2, tout comme Orange, qui distribuera l'iPhone en France et T-Mobile en Allemagne, a accepté un partage des revenus avec Apple, dont les détails n'ont pas été communiqués hier.
Une dynamique redoutable
Les analystes financiers évoquent des chiffres allant de 10 à 30 % des dépenses dans le multimédia mobile reversées à l'américain par les opérateurs. Une première dans les relations opérateurs-fabricants. « Nous partageons déjà des revenus avec des éditeurs de contenus », se défend toutefois un dirigeant d'Orange. « Un tel accord est ce dont l'industrie du mobile a besoin pour faire croître le trafic de données », estiment les analystes d'Analysys. Mais « les prochains accords qui pourraient être conclus avec des acteurs comme Google, Yahoo! ou Disney risquent d'apporter une dynamique dangereuse, peu d'entre eux ayant les mêmes intérêts que les opérateurs ». Ces derniers pourraient alors se retrouver assimilés à « de simples tuyaux, ce qu'ils ont toujours évité de devenir », notent les experts d'Analysys. Mais pour Matthew Key, le président d'O2, qui fait dans le superlatif, « l'iPhone marque une rupture qui changera pour toujours la façon dont les gens utilisent leur mobile ». « Le but est de séduire la communauté des fans d'Apple qui sont prêts à dépenser beaucoup... mais le monde ne tourne pas autour d'Apple », tempère-t-on chez Orange, où l'on ressent diversement « l'arrogance » de la firme californienne.