Le créateur du célèbre BlackBerry veut accélérer sa conquête du marché européen, où la demande pour son « téléphone intelligent », qui permet d'être connecté en permanence avec sa messagerie électronique, ne cesse de progresser
Après avoir conquis une grande majorité des cadres supérieurs nord-américains à l'usage de son célèbre téléphone intelligent BlackBerry, le canadien Research In Motion (RIM) affiche les mêmes ambitions pour l'Europe à la faveur de la demande croissante pour ce gadget très prisé dans les grandes entreprises. La société de Waterloo dans l'Ontario souhaite en effet équilibrer ses activités mondiales qui sont encore largement dépendantes du marché nord-américain. RIM, qui commercialise ses produits et ses services par l'intermédiaire des opérateurs de téléphonie mobile, dispose de ses propres infrastructures destinées à l'acheminement des appels et des messages vers ses abonnés. La société canadienne, qui compte déjà plus de 300 partenariats avec les opérateurs mobiles, dont ATT et Verizon outre-Atlantique, a conclu des accords avec les principaux européens tels que Vodafone, Orange, Bouygues Telecom, T-Mobile, O2, TIM, KPN ou encore Telefonica.
« Le marché européen progresse très rapidement et nous renforçons nos infrastructures en conséquence », souligne Robin Bienfait, directrice des systèmes d'information (« chief information officer ») de Research In Motion. La société ne détaille pas ses activités par zones géographiques, mais certaines sources créditent RIM d'environ 3 millions d'utilisateurs en Europe, soit un tiers de ses abonnés dans le monde. La firme canadienne finalise actuellement la réalisation de son deuxième centre informatique en Europe, dans un lieu tenu confidentiel pour des raisons de sécurité. Pour la responsable du système d'information de RIM au niveau mondial, les récentes polémiques soulevées quant aux enjeux de sécurité liés à l'utilisation du BlackBerry par les services officiels ou gouvernementaux européens n'ont pas de raison d'être.
Cryptage renforcé
« Nous ne stockons aucun message et la totalité du trafic qui transite par nos infrastructures est cryptée avec un très haut niveau de sécurité », insiste Robin Bienfait. Cet été, ce sujet avait été évoqué notamment dans la presse française, qui s'est faite l'écho des craintes liées au risque de voir des messages stratégiques interceptés par les autorités nord-américaines. Bien qu'utilisant les réseaux GSM (ou CDMA) de ses partenaires opérateurs, RIM procède en effet à un cryptage renforcé (sur 256 bits) du trafic transitant vers et depuis ses abonnés. Avec sa plate-forme matériel et logiciel et ses infrastructures spécifiques. Lors de son dernier exercice fiscal, clos le 3 mars, RIM a enregistré un chiffre d'affaires de 3,037 milliards de dollars américains (2,1 milliards d'euros) et un bénéfice net de 634 millions. Son chiffre d'affaires se répartit à 75 % pour la vente des terminaux et à 25 % pour les services et les logiciels. Au cours du premier trimestre de son année fiscale 2008 achevé le 2 juin, la société canadienne a franchi pour la première fois la barre symbolique du milliard de dollars sur trois mois en affichant une progression de 76,5 % de son chiffre d'affaires sur un an, à 1,08 milliard de dollars. Sur la période, elle a engrangé environ 1,2 million de nouveaux abonnés, dépassant ainsi les 9 millions de comptes. Le résultat net ressort à 223 millions. Pour le trimestre en cours, RIM table sur une poursuite de sa progression qui devrait lui permettre de dépasser 1,3 milliards de dollars de chiffre d'affaires.