En trois ans, la France a doublé son parc d’abonnés haut débit, grâce au développement d’offres ADSL concurrentielles. Mais paradoxe : à l’heure où la France passe à la vitesse supérieure avec le déploiement de réseaux d’accès en fibre optique, la moitié de la population française n’accède pas encore à l’Internet. Pire, la dynamique de croissance du marché de l’ADSL semble s’essouffler. Signe de l’arrivée à maturité du marché ou mise en lumière de freins persistants à l’adoption de l’Internet haut débit en France ?
Evolution du taux d'équipement en ordinateurs, dynamique des recrutements de nouveaux abonnés des FAI et interview de Bernard Benhamou, Délégué aux usages de l'Internet : le JDN a mené l'enquête.
Fin 2004, la France comptait quelque 6,5 millions d'abonnements à l'Internet haut débit. Trois ans plus tard, ce parc a plus que doublé pour atteindre 15,5 millions d'abonnements, dont 14,8 millions de lignes ADSL. La moitié de ce parc ADSL est constitué de lignes dégroupées. Le parc d'accès dégroupés a en effet atteint 7,5 millions au 31 décembre 2007, dont les deux tiers sans abonnements à un service téléphonique classique (dégroupage total).
C'est en effet le développement d'offres concurrentielles des opérateurs alternatifs sur le réseau de collecte de France Télécom, autrement dit le dégroupage de la boucle locale de cuivre, qui a permis à la France de rattraper rapidement son retard sur ses voisins européens en matière d'accès à l'Internet haut débit. Au 31 décembre 2007, 2.956 répartiteurs de France Télécom étaient ainsi raccordés par les opérateurs alternatifs, couvrant 68 % de la population.