Vous avez l’impression de vivre comme tout le monde, ni trop riche ni franchement dans le rouge ? La classe moyenne, ce vieux mirage français, a désormais ses bornes officielles – et en 2025, l’étiquette change tout ou presque sur le ticket de caisse. Mais à quel revenu faut-il prétendre pour arborer fièrement l’écusson « classe moyenne » ? Plongée dans les seuils qui font les budgets… et pas mal de débats !
Les repères officiels : où commence (et où s’arrête) la classe moyenne ?
Premier point : avec la hausse des prix qui fait tanguer les portefeuilles, le revenu mensuel sert désormais de boussole pour évaluer qui fait partie de la classe moyenne. Fini, le flou artistique ! Les seuils retenus s’appuient sur des analyses publiques bien définies, histoire de distinguer à quel niveau de vie on navigue — ou rame.
- Moins de 1 100 € par mois : on bascule dans la pauvreté. D’après l’Observatoire, cela concerne 5,4 millions de personnes si l’on se fie à 50 % du niveau de vie médian.
- Entre 1 100 € et 1 683 € nets : classes populaires. À une modeste enjambée du Smic (1 426,30 € net), mais avec des marges de manœuvre limitées.
- Classe moyenne : selon ce qui fait foi en 2025, la fourchette va de 1 608 € à 2 941 € mensuels pour une personne seule.
D’autres références – comme 1 683 à 3 119 € ou encore 1 600 à 2 900 € nets – circulent aussi dans les publications officielles.
Pour voir où vous vous situez, le niveau de vie médian dans la classe moyenne atteint 2 147 €. Autrement dit : une moitié des Français vit avec moins chaque mois, l’autre davantage. Ambiance, ambiance…
Des bornes qui dessinent le paysage, mais pas la couleur du canapé
Attention : ces fourchettes de revenus ne font pas office de badge indélébile. On parle bien d’intervalles de référence qui servent à vous situer, certes, mais n’épuisent jamais la diversité des parcours et des factures. D’un bout à l’autre, ces statistiques, passées à la loupe par l’Observatoire (du RSA jusqu’aux salaires les plus dodus), délivrent un repère pratique pour lire la distribution globale.
Mais la réalité reste plus fine :
- Le coût de la vie varie énormément d’une région à l’autre : un même revenu peut rimer avec « lèche-vitrines » en province, mais avec « pâtes au beurre » à Paris.
- Les dépenses contraintes (carburant, loyer, énergie, panier alimentaire…) grimpent.
- Les salaires, eux, avancent à la vitesse d’une tortue enrhumée.
En filigrane, le sentiment d’étau financier s’installe, surtout au vu des perspectives budgétaires de 2026, qui — rappel de l’analyse — ne changeraient pas franchement la donne.
Quelle classe moyenne pour quelle famille ?
L’Observatoire affine même les repères selon la composition du foyer. Parce qu’à plusieurs, tout change !
- Personne seule : classe moyenne entre 1 600 € et 2 900 € nets.
- Couple sans enfants : fourchette de 2 400 € à 4 400 € nets.
- Couple avec deux adolescents : intervalle qui grimpe à 4 000–7 400 € nets. Vive la cantine !
Exemple frappant : un couple de 35 et 38 ans à Lyon, parents de deux enfants avec 4 500 € nets à deux, incarne ce mode de vie façon « aisance relative mais contraintes réelles ». Entre crédit immobilier, vacances, arbitrages réguliers et loisirs mesurés, on reste (très) dans la moyenne.
Des grilles utiles, mais loin de tout expliquer
Ces tranches de revenus ne racontent pas toute l’histoire : loyers, transports, prix de l’énergie ou même parcours professionnel pèsent lourd dans la balance. Mais elles ont le mérite d’offrir un vocabulaire commun pour savoir où l’on se positionne face à l’inflation et à la pression sur le budget quotidien.
Ces seuils, analysés via des données consolidées, permettent au passage de :
- Mieux cibler les aides publiques selon la situation réelle des foyers.
- Clarifier le débat sur la redistribution, la fiscalité, ou encore les arbitrages budgétaires familiaux.
Ils ne gomment ni les inégalités ni les disparités, mais ils facilitent la comparaison d’une période à l’autre. Reste à voir, avec l’évolution des prix et des salaires : la classe moyenne, en 2025 comme demain, se rétrécira-t-elle ou tiendra-t-elle bon ? Une chose est sûre : le revenu mensuel n’est jamais un passeport tout-terrain, mais une clé de lecture parfois bien utile pour se repérer… et débattre.