Ce qui a commencé comme un test inquiétant en décembre est devenu la nouvelle réalité de l’écosystème de l’information sur Android. Google a confirmé Le bord que le remplacement des titres originaux rédigés par des journalistes par des résumés générés par l’intelligence artificielle dans Google Discover n’est plus une expérience temporaire. C’est désormais officiellement un « fonction » plateforme permanente.
La justification de l’entreprise est que cette pratique « fonctionne bien pour la satisfaction des utilisateurs ». Toutefois, cette décision unilatérale pose de sérieux problèmes de véracité. Le système ne se contente pas de résumer, mais invente ou déforme souvent la réalité. Un exemple flagrant cité récemment concernait un reportage de PCMag sur les drones. Alors que l’article original expliquait en détail qu’une interdiction d’importation n’avait pas été révoquée, le titre généré par l’IA de Google indiquait exactement le contraire : « Les États-Unis annulent l’interdiction des drones étrangers », renvoyant à la source qui a nié ce fait même. Sans aucun doute, un véritable désastre.
Une librairie qui change les couvertures des livres qu’elle vend
Sean Hollister, rédacteur en chef de Le borddéfinit avec précision cette mécanique. Il dit que c’est comparable à si un propriétaire de librairie décidait d’arracher les couvertures de livres et de les remplacer par des couvertures dessinées et écrites par lui-même, souvent avec des fautes d’orthographe ou d’intrigue. De même, Google prend l’image et le lien au milieu, mais supprime le titre original pour placer votre propre interprétation. Cela a donné lieu à des situations absurdes, comme présenter des informations datant de plusieurs mois comme des informations de dernière minute ou confondre des entreprises portant des noms similaires.
Évidemment, le principal problème est qu’il s’agit d’une fonction déléguée à l’IA, qui continue de nous étonner aujourd’hui. Cependant, Google se défend en affirmant qu’il ne s’agit pas de « réécritures »mais des vues générales sur les « sujets tendances ». Cependant, pour l’utilisateur final, la distinction n’a pas d’importance : ce qu’il voit est une actualité qui semble actuelle et véridique, mais qui est souvent un titre synthétique de tabloïd généré sans supervision humaine.
L’ère de Google Zero et du kidnapping d’utilisateurs
Ce mouvement consolide la peur du soi-disant Google Zero, c’est-à-dire d’un Internet où le moteur de recherche n’est plus un intermédiaire, mais la destination finale. L’indignation dans le secteur de l’édition ne concerne pas seulement les erreurs factuelles, mais aussi le modèle économique. Google utilise le contenu, recherché et financé par les créateurs, pour former une IA qui décourage ensuite la visite de la source originale.
La comparaison avec des plateformes comme IA de perplexité C’est inévitable, mais l’échelle change tout. Pour une startup, tenter de résumer le web est une chose. Que la passerelle vers Internet pour des milliards de personnes décide de « détourner » l’attention des utilisateurs au détriment de l’écosystème médiatique constitue un changement de paradigme bien plus dangereux.
Les réponses générées par Google doivent inviter à l’exploration et non la remplacer. En rompant le lien entre propriétaire et créateur, et en introduisant des hallucinations dans la première couche d’information que reçoit l’utilisateur, l’entreprise s’éloigne de plus en plus de sa mission d’organisation de l’information mondiale. C’est d’ailleurs quelque chose qu’il fait depuis des mois avec le mode IA.