Je m’attendais à un voyage fluide, presque sans histoire, avec cette berline venue de Chine. Après 1 200 km, la réalité m’a rattrapé de façon parfois brusque. Il y a du potentiel, oui, mais aussi des angles franchement émoussés. À plusieurs reprises, je me suis surpris à murmurer : “C’est vraiment dommage.”
Autonomie et recharge : des promesses trop fragiles
Sur autoroute, l’autonomie s’est avérée plus capricieuse que prévu, avec une consommation qui grimpe vite dès 120 km/h stabilisés. La courbe de recharge m’a également laissé perplexe, avec un palier haut trop bref et des chutes de puissance soudaines. “J’avais planifié large, et pourtant je suis arrivé court bien trop souvent.”
Je n’attendais pas des miracles, mais j’espérais une constance que je n’ai pas retrouvée. Entre bornes récalcitrantes et gestion thermique un peu lente, chaque arrêt prenait quelques minutes de trop. À la longue, cette fatigue logistique s’installe et gâche la route.
Aides à la conduite : l’assistance qui s’impose
L’assistance au maintien dans la voie est trop directive, jusqu’à corriger sèchement des trajectoires pourtant propres. En ville, le freinage d’urgence préventif s’est déclenché de façon zélée, surprenant les passagers. “À ce stade, ce n’est plus une aide, c’est une injonction”, me suis-je dit en coupant la fonction.
Le régulateur adaptatif manque de finesse dans les ralentissements, avec des freinages tardifs puis des relances brutales. Sur long trajet, ce n’est pas juste un détail : c’est une source de tension.
Confort et finition : belle vitrine, détails qui fâchent
À l’œil, l’habitacle impressionne, mais au toucher certaines matières sonnent creux. Les sièges avant sont larges, pourtant l’assise manque de soutien sur de longues heures. Après 500 km, mes épaules demandaient une pause plus que mon autonomie.
Les bruits d’air restent contenus, mais les bruits de roulement remontent sur bitume granuleux. Un léger grincement côté passager est apparu sur route dégradée, et impossible à faire taire.
Infodivertissement : un écran brillant, un logiciel terni
L’écran central est lumineux, la présentation moderne, mais les animations sont lentes dès qu’on multitâche. Le GPS natif a sous-estimé plusieurs temps de trajet, forçant des détours inutiles. “J’attends d’une voiture connectée qu’elle soit au moins aussi maligne que mon téléphone.”
La gestion des profils conducteurs s’emmêle parfois, perdant les préréglages de siège et le miroir connecté. Et ce petit délai entre une commande tactile et l’action finale finit par teinter chaque geste d’une micro-frustration.
Recharge AC et planification : petites entraves, grands effets
En courant alternatif, la puissance plafonnée rend les nuits en charge moins rentables qu’espéré. Le planificateur d’itinéraire manque de réalisme sur les pentes et la météo. À plusieurs reprises, j’ai ressorti A Better Routeplanner pour garder le cap.
- Trois détails qui m’ont fait lever les yeux au ciel : des alertes sonores trop fortes, un capteur de pluie timide, et une clé connectée qui s’oublie.
Dynamique de conduite : entre douceur et dilution
En conduite cool, la voiture se laisse vivre, avec une direction légère et un amorti plutôt moelleux. Dès qu’on hausse le rythme, l’avant devient flou, et l’arrière suit avec une petite latence. On finit par ralentir, non par choix, mais par nécessité.
La pédale de frein mélange régénération et mécanique avec une transition parfois granuleuse. Ce n’est pas dangereux, juste assez inégal pour rompre la fluidité.
Ergonomie et vie à bord : l’essentiel, pas l’évidence
Les rangements sont nombreux, mais leur forme n’épouse pas nos objets quotidiens. Le coffre est carré, mais l’ouverture basse gêne certains chargements. Les commandes de clim cachées dans un sous-menu restent une fausse bonne idée.
La reconnaissance vocale comprend bien les intents simples, échoue dès qu’on mélange musique et navigation. “Je ne devrais pas apprendre une syntaxe pour parler à ma voiture.”
Efficience et météo : un équilibre trop sensible
Par temps froid, la consommation grimpe de façon nette, avec une montée en température de batterie plus lente que souhaité. Par forte chaleur, la climatisation tire un peu trop sur la réserve. On sent un calibrage qui cherche encore son juste milieu.
La récupération d’énergie réglable est une bonne idée, mais les écarts entre niveaux sont abrupts. On finit sur un compromis au lieu d’un vrai réglage personnel.
Ce qui sauve le tableau
Tout n’est pas gris, loin de là : le silence à vitesse modérée apaise vraiment les trajets. La suite d’aides, une fois dosée, retire de la charge mentale en embouteillages denses. Et l’équipement global reste généreux pour le tarif affiché.
“Je sens la marge de progression”, ai-je noté au dernier péage, “mais je veux la voir vite.” Car au bout de 1 200 km, on retient moins les paillettes que les petites aspérités du quotidien. Ce modèle a du fond, mais il doit lisser ses angles pour mériter un vrai oui.