Lors d’une récente démonstration, Lenovo a montré un Module mémoire Samsung au format LPCAMM2 avec un chiffre qui attire l’attention même sur ceux qui ne vivent pas attachés au cahier des charges : Capacité de 96 Go et vitesse de 9600 MT/s. Ce n’est pas un disque à montrer sur une diapositive. C’est un indice de la direction que veulent prendre les fabricants lorsque l’ordinateur portable fin tente d’être, en même temps, un outil de travail sérieux.
Au milieu d’une lutte pour l’espace interne et l’autonomie, la mémoire est devenue une composante stratégique. Et voici LPCAMM2, un format conçu pour combiner le meilleur de deux mondes : Efficacité et performances de la mémoire LPDDRmais avec un module remplaçable, plus proche de l’idée classique d’étendre la RAM sans changer d’équipement.
Ce que Lenovo a montré et pourquoi c’est important
Ce que Lenovo a proposé est un module LPCAMM2 fabriqué par Samsung avec 96 Go et LPDDR5X fonctionnant à 9 600 MT/s. Le chiffre de vitesse est important car LPDDR5X est l’évolution qui pousse la bande passante mémoire à faible consommation à des niveaux perceptibles dans les tâches réelles, depuis les lourdes charges du navigateur jusqu’à la création de contenu et les processus d’IA locaux.
La capacité, pour sa part, brise un autre plafond mental. Parler de 96 Go dans un ordinateur portable fin n’était pas habituel. Ici, la promesse est différente : garder le format compactmais autorisent des configurations pour les professionnels qui compilent, montent des vidéos, travaillent sur de grands projets 3D ou ont besoin de machines virtuelles sans que l’équipement ne manque de marge.
LPCAMM2 est supporté par la norme CAMM2qui cherche à unifier ce type de modules et à faciliter leur adoption. Concrètement, l’objectif est de réduire l’empreinte mémoire par rapport aux solutions traditionnelles et, en même temps, d’éviter le chemin du non-retour de la RAM soudée.
Samsung arrive en force avec 96 Go et 9600 MT
Le fait que le module présenté provienne de Samsung ajoute une lecture intéressante. L’entreprise est l’un des grands acteurs de mémoire et son entrée avec une configuration aussi ambitieuse laisse penser que le format ne reste pas une curiosité. 96 Go à 9 600 MT/s correspondent à la demande croissante qu’apportent les logiciels récents : des systèmes d’exploitation plus lourds, des outils créatifs qui s’appuient sur l’IA et des workflows qui, pour être fluides, nécessitent beaucoup de mémoire.
Par ailleurs, le débit de 9 600 MT/s laisse présager un génération conçue pour être à la hauteur des futures plateformes. Sur les ordinateurs portables, le goulot d’étranglement de la mémoire se fait généralement sentir plus tôt que sur les ordinateurs de bureau, car il est associé à des limites thermiques et à des conceptions hautement intégrées. Une augmentation de la bande passante peut se traduire par des performances soutenues plus stables, en particulier lorsque le GPU intégré ou les accélérateurs partagent la mémoire.
Ce que cela signifie pour le marché des ordinateurs portables
Pour l’instant, Lenovo est un échantillon et non une annonce de produit horodatée. Ce mouvement sert néanmoins à mesurer la température du marché. Ce type de modules s’inscrit dans une tendance déjà observée: des ordinateurs portables minces qui veulent continuer à perdre du poids sans trop compromettre l’évolutivité.
L’adoption dépendra de deux facteurs. Le premier est la disponibilité réelleavec une production suffisante pour qu’il ne devienne pas une rareté des modèles haut de gamme. Le deuxième est l’engagement des constructeurs en faveur des configurations modulairesce qui se heurte parfois à la tentation de fermer la conception pour mieux contrôler le produit et la réparation.
Si l’industrie pousse, le LPCAMM2 peut devenir le nouveau compromis entre les équipements traditionnels dotés de modules volumineux et les équipements ultra-fins dont tout est soudé. Et dans cette transition, des démonstrations comme celle de Lenovo servent d’avertissement : la mémoire basse consommation ne doit plus être éternellement liée à la carte.
Avec 96 Go et 9 600 MT/s sur la table, le message est clair : la prochaine étape ne concerne pas seulement les processeurs, mais aussi la manière dont ils sont alimentés en données.