L’UE met TikTok dans les cordes : son défilement infini et son design addictif violent la réglementation européenne

La Commission européenne a rendu un avis préliminaire ferme ce vendredi. Ce que dit l’agence, c’est que la conception de TikTok viole la loi sur les services numériques. Parce que? Après une enquête exhaustive, l’organisme européen souligne que l’architecture de l’application est conçue pour exploiter les vulnérabilités psychologiques des utilisateurs, favoriser une dépendance comportementale cela met en danger le bien-être physique et mental, en particulier des mineurs. C’est d’ailleurs cette dernière qui pousse plusieurs gouvernements à limiter l’accès aux plateformes sociales, en fonction de l’âge de l’utilisateur.

L’accusation se concentre sur des éléments clés de l’expérience utilisateur que nous reconnaissons tous : « scroll » ou déplacement infinilecture automatique de vidéos, notifications push intrusives et système de recommandation hautement personnalisé. Selon la Commission, ces fonctionnalités agissent comme des récompenses intermittentes qui poussent le cerveau en « mode pilote automatique », rendant difficile la maîtrise de soi de l’utilisateur et encourageant une utilisation compulsive de la plateforme.

L’enquête révèle également que TikTok n’aurait pas suffisamment évalué les risques liés à cette conception. Bruxelles souligne que l’entreprise a ignoré les indicateurs critiques de comportement compulsif, tels que le temps que les mineurs passent sur l’application pendant la nuit ou la fréquence à laquelle ils ouvrent inconsciemment l’application. Ce manque de diligence contrevient aux obligations de sécurité exigées des grandes plateformes numériques en Europe.

Les contrôles actuels sont « faciles à ignorer »

L’un des points les plus critiques de la déclaration est l’inefficacité des mesures d’atténuation mises en œuvre par TikTok jusqu’à présent. La Commission considère que les outils de gestion du temps passé devant un écran ne fonctionnent pas parce qu’ils offrent une « friction limitée ». En d’autres termes, ils sont trop faciles à éliminer pour que l’utilisateur puisse continuer à consommer du contenu. De même, les contrôles parentaux sont jugés insuffisants, car ils exigent des parents un niveau de compétences techniques et un engagement en temps qui les rendent peu pratiques dans la réalité.

Face à ce scénario, l’UE exige des changements structurels et non cosmétiques (elle l’a d’ailleurs déjà fait en 2015). Bruxelles suggère que TikTok doive modifier la conception de base de son service, ce qui pourrait impliquer désactiver le défilement infinimettez en place des pauses obligatoires efficaces et repensez votre algorithme de recommandation. L’entreprise dispose désormais d’un délai pour présenter sa défense écrite contre les accusations. Si la non-conformité est confirmée, TikTok s’expose à des amendes pouvant aller jusqu’à 6% de votre chiffre d’affaires annuel globalune sanction économique qui pourrait atteindre plusieurs millions de dollars.