Fini la limite des 100 ml dans certains aéroports vous pourrez emporter jusquʼà deux litres

Pendant des années, les voyageurs ont vécu avec la même ritournelle: sortir la trousse, trier les flacons, viser le petit sac transparent. Désormais, un vent de changement souffle sur les contrôles. Dans plusieurs aéroports, des scanners de nouvelle génération permettent d’emporter des liquides en cabine jusqu’à deux litres, sans tout déballer.

« On arrête enfin de jouer au Tetris avec des flacons », souffle un passager soulagé. Et un agent de sûreté confirme: « L’objectif n’est pas d’être plus laxiste, mais plus intelligent. »

Pourquoi ça change

La bascule vient des scanners CT, une technologie d’imagerie 3D comparable à celle des hôpitaux. Elle reconstruit le contenu du bagage en volume, identifie les liquides et analyse leur composition à l’aide d’algorithmes plus fins.

Cette capacité rend caduque la logique du petit sac zippé. La mesure des années 2000, née d’un contexte de menace, est remplacée par une évaluation au cas par cas, plus précise et plus rapide. Résultat: moins de bacs au tapissage, moins de stress, et des files qui avancent de manière plus fluide.

Où cette nouveauté s’applique déjà

Le déploiement est progressif et très local. En Europe, certains aéroports ont déjà adopté la nouvelle procédure: en Irlande (par exemple Shannon), en Finlande (Helsinki), et dans plusieurs plates-formes italiennes (Milan-Linate, certaines zones à Rome-Fiumicino). D’autres suivent, avec des dates variables selon les terminaux.

Au Royaume-Uni, la généralisation avance par vagues et peut connaître des retours temporaires aux anciennes règles selon les aéroports. Ailleurs dans le monde, beaucoup d’infrastructures testent ou installent ces scanners, mais la règle peut rester plus stricte tant que tout le périmètre n’est pas équipé.

La seule constante: c’est l’aéroport de départ (et parfois de correspondance) qui dicte ce que vous pouvez porter. « Vérifiez systématiquement sur le site de l’aéroport », insiste un responsable opérationnel.

Ce que vous pourrez emporter

Là où la nouvelle norme s’applique, vous pouvez emporter des liquides jusqu’à deux litres en cabine, sans les sortir de votre sac. Les ordinateurs et appareils restent eux aussi à l’intérieur. Les crèmes, parfums, boissons et gels voyagent dans leurs contenants habituels, sans obligation de sachet plastique.

Cela ne signifie pas « tout est permis ». Les produits strictement interdits (substances dangereuses, inflammables au-delà des seuils autorisés, etc.) le restent. Les règles sur les batteries lithium sont inchangées. Et si vous vous connectez via un aéroport resté à l’ancienne règle, votre sac devra encore s’y conformer.

Avant de partir: les bons réflexes

  • Vérifiez la règle précise de chaque aéroport de votre itinéraire (départ, correspondance, arrivée), ainsi que les consignes de votre compagnie. Si l’un impose encore la limite antérieure, adoptez la règle la plus restrictive.

Ce qui ne change pas

La sûreté reste une mission prioritaire. Même avec les nouveaux scanners, des contrôles aléatoires sont possibles: un agent peut demander d’ouvrir un sac, d’isoler un flacon ou de repasser un objet. Les liquides en duty-free doivent parfois rester dans leur sachet scellé avec ticket visible jusqu’à la destination finale.

L’expérience au poste de contrôle devient plus souple, mais la politesse des liquides pressurisés (aérosols) et les limites de quantité par contenant peuvent subsister selon la réglementation locale. En soute, les règles spécifiques aux matières dangereuses continuent de s’appliquer.

Ce que disent voyageurs et agents

« Le plus grand gain, c’est la sérénité au tri », raconte une cheffe de cabine. « On voit des passagers arriver avec leur bouteille d’eau, leur crème solaire, et ça se passe sans drame. »

Côté contrôle, le discours est clair: « La machine voit mieux, plus vite. On consacre notre attention aux vrais signaux d’alerte plutôt qu’aux flacons de 95 ml. » Traduction: moins de micromanagement, plus d’efficacité.

Calendrier et zones grises

Le calendrier reste évolutif. En Europe, la généralisation s’étale sur 2024–2026, avec des différences par pays, par terminal et même par file. Hors d’Europe, des pays conservent la limite historique, même si les machines CT sont présentes: la politique n’est pas qu’une question de matériel, c’est aussi un cadre réglementaire.

Si vous voyagez sur un itinéraire mixte (par exemple un départ dans un aéroport « nouvelle génération » puis une correspondance dans un aéroport à l’ancienne), appliquez dès le début la règle la plus contraignante pour éviter la confiscation en cours de route.

Au bout du compte, la promesse est simple: moins de friction, plus de cohérence, et une sûreté mieux ciblée. « On n’achète pas du temps, on le libère », glisse un manager d’escale. Gardez cependant un réflexe: actualiser l’info juste avant de partir. Les nouvelles règles rendent le voyage plus souple, à condition de rester un poil préparé.